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1957-58 : Le match le plus long:



        Alors que Nantes retrouve la Coupe de France. C’est l’occasion   de  rappeler un événement extraordinaire. Le FC Nantes détient en effet, avec Caen, un record particulièrement insolite : les deux équipes eurent besoin de 469 minutes pour se départager durant la saison 1957-58. Près de 8 heures ! Durant lesquelles, elles marquèrent deux buts dont l’un fut toutefois annulé car le match avait été interrompu. Guelzo Zaetta, qui a fêté récemment son 73è anniversaire, s’en souvient encore. C’est au cours de la 5è rencontre que les Canaris avaient enfin arraché la victoire. Un tel marathon est impensable aujourd’hui puisque les deux équipes se départagent aux tirs au but C’est le match le plus long de l’histoire de la Coupe de France. Peut-être le plus long de tous les temps, il faudrait vérifier à travers le monde. Il a duré 469 minutes ! Sept heures et 49 minutes ! Le tout étalé sur 5 rencontres. C’était durant la saison 1957-58. A l’époque, le règlement de la Coupe était simple : on jouait jusqu’à temps qu’il y ait un vainqueur. Pas de pénalty au bout de deux heures mais match à rejouer. Et à rejouer encore en cas de nouvelle égalité… En 1957-58, il y eut ainsi 5 matches entre le FC Nantes, qui jouait alors en 2è Division, et le Stade Malherbe de Caen qui évoluait en CFA. L’un d’eux cependant n’était pas allé à son terme : il avait été arrêté par la pluie. 


         
          C’est en 64è de finale que Malherbistes, entraîn
és alors par Louis Dupal, avaient hérité des Canaris au tirage au sort. Les Nantais étaient logiquement favoris, même si Caen était considéré comme un spécialiste de la Coupe depuis que, trois saisons plus tôt, il avait éliminé le Stade de Reims, le club français numéro un des années 1950. Lors du premier match disputé en Normandie, les Nantais n’avaient pourtant pas fait exagérément les fiers. Face à une formation solide, animée par l’ancien international André Grillon, ils avaient dû se contenter d’un 0-0 qui n’avait d’ailleurs pas semblé les désavantager. Daniel Eon en tout cas avait été davantage sollicité que son vis à vis, Brandao. « Un Lorrain comme moi », se souvient Guelzo Zaetta qui, en cet hier 1957, s’apprêtait à fêter son 26è anniversaire puisqu’il est né le 20 décembre 1931 à Piennes. « Je venais tout juste d’arriver à Nantes, raconte-t-il. J’avais débuté la saison avec Angers ». Guelzo ne savait évidemment pas qu’il allait s’installer durablement en Loire-Atlantique (on disait Loire-Inférieure en ce temps-là) et devenir l’adjoint de José Arribas puis le précurseur de la formation.

Troisième match, troisième 0-0:


           La deuxième rencontre se déroula à Nantes. Là, les Balloche, Gabet, Bouteiller, Jort, Jacques, essayèrent de passer la vitesse supérieure. Ils dominèrent. Mais en vain puisque les deux équipes se séparèrent sur un nouveau 0-0. Elles en étaient à quatre heures de jeu et aucune d’elles n’avait marqué le moindre but. La Fédération ne s’affola pas pour autant. Trois matches, c’était rare mais pas extraordinaire. Elle se borna à inviter les deux formations à en découdre une troisième fois, sur terrain neutre, à Tours. Seulement, au bout de deux nouvelles heures d’affrontement, personne n’était davantage avancé. Toujours 0-0. Les Nantais ne s’en plaignaient d’ailleurs pas puisqu’ils avaient eu très chaud : un tir caennais avait été renvoyé par la transversale de Daniel Eon. Une quatrième rencontre fut fixée, toujours à Tours, une semaine plus tard, le 5 janvier. Qui sait : avec l’année nouvelle, les attaquants retrouveraient peut-être leur inspiration...


Terrain transformé en étang:

        Ce fut effectivement ce qui arriva puisque dès la 2è minute Guelzo Zaetta ouvrit la marque pour Nantes. « Lachaise avait tiré une première fois, rapporte-t-il, Brandao a repoussé et j’ai repris de demi-volée ». Le problème est qu’il pleuvait des cordes sur Tours et le terrain gras du stade de Grandmont se détériora rapidement. A la 19è minute, au grand dam des Nantais, l’arbitre, M. Chavigny, décida d’interrompre les débats. Roger Bastide écrivit dans « Le Miroir des Sports » : « Le vent ridait la surface du terrain comme s’il se fut agi d’un étang. Sans la décision de l’arbitre, le combat eut fini prématurément non pas faute de combattants, car tous étaient également résolus, mais faute de munitions : on eut tout juste risqué de noyer plusieurs ballons ». Ce jour-là, Guelzo Zaetta estima pourtant que la partie aurait pu continuer. Il n’a pas changé d’avis 47 ans plus tard : « L’arbitre est seul juge, bien sûr, il n’empêche que je me souviens avoir joué par moins 15 degrés, à Besançon par exemple, et c’était autre chose que la pluie de Tours ».

Le dénouement:

        Ce fut effectivement ce qui arriva puisque dès la 2è minute Guelzo Zaetta ouvrit la marque pour Nantes. « Lachaise avait tiré une première fois, rapporte-t-il, Brandao a repoussé et j’ai repris de demi-volée ». Le problème est qu’il pleuvait des cordes sur Tours et le terrain gras du stade de Grandmont se détériora rapidement. A la 19è minute, au grand dam des Nantais, l’arbitre, M. Chavigny, décida d’interrompre les débats. Roger Bastide écrivit dans « Le Miroir des Sports » : « Le vent ridait la surface du terrain comme s’il se fut agi d’un étang. Sans la décision de l’arbitre, le combat eut fini prématurément non pas faute de combattants, car tous étaient également résolus, mais faute de munitions : on eut tout juste risqué de noyer plusieurs ballons ». Ce jour-là, Guelzo Zaetta estima pourtant que la partie aurait pu continuer. Il n’a pas changé d’avis 47 ans plus tard : « L’arbitre est seul juge, bien sûr, il n’empêche que je me souviens avoir joué par moins 15 degrés, à Besançon par exemple, et c’était autre chose que la pluie de Tours ».


Le détail des rencontres :


1er match, le 15 décembre 1957 à Caen : Caen et Nantes 0-0 (a.p.)
2è match, le 22 décembre 1957 à Nantes : Nantes et Caen 0-0 (a.p.)
3è match, le 29 décembre 1957 à Tours : Nantes et Caen 0-0 (a.p.)
4è match, le 5 janvier 1958 à Tours : arrêté à la 19è minute
5è match, le 12 janvier 1958 au Mans : Nantes bat Caen 1-0.


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